Procès Lelandais : enfant "chouchou", "extrême violence"... Le portrait de l'accusé par une psychologue | TF1 INFO

LCI - 14/02
VIDEO - Une experte-psychologue a témoigné ce lundi matin devant la cour d'assises de l'Isère. Nordahl Lelandais y est jugé pour le meurtre de la petite Maëlys De Araujo, en août 2017. La spécialiste a décrit l'accusé et son évolution au fil du temps.
L'essentiel

Une experte-psychologue a témoigné ce lundi matin devant la cour d'assises de l'Isère.

Nordahl Lelandais y est jugé pour le meurtre de la petite Maëlys De Araujo, en août 2017.

La spécialiste a décrit l'accusé et son évolution au fil du temps.

Un enfant "chouchou", "plein d'admiration pour son père", un "assez bon élève"... Voici ce par quoi a commencé l'experte psychologique, ce lundi 14 février au matin, pour décrire Nordahl Lelandais, qu'elle a rencontré plusieurs fois depuis son placement en détention. Un enfant qui a toutefois souffert d'énurésie (émission d'urine non maîtrisée de l'enfant) jusqu'à l'âge de 8 ans. "Il a tellement été idéalisé par ses parents qu’il a du mal à dire qu’il a des difficultés", précise la spécialiste. 

Pendant de longues heures, cette clinicienne a progressé au travers les années, montrant la transformation du petit garçon à l'adulte. Elle rappelle qu'en 2001, il s'engage dans l'armée, indique qu'il a un premier chien, "Noc", "con en verlan", puis un autre, Tyron. "Il dit que c’est l’amour de sa vie. Ses chiens vont jouer des réalités affectives qui vont combler un manque. Avec eux, pas d’abandon", poursuit-elle.

Puis Nordahl Lelandais atteint son grade de caporal et met un terme à son contrat avec l’armée en 2004. "Il va refuser une mutation, car il ne voulait pas partir loin de chez lui. (…) Après l’armée, dont il est reformé P4, c’est la surenchère. Il y a une forme de marasme affectif. Il préfère l’intérim pour ne pas être attaché à une dynamique d’entreprise. C’est de l’indifférence et de la honte narcissique", précise la psychologue.

La professionnelle explique ensuite que "sur le plan professionnel, c’est parfois précis". En revanche, "sur le plan affectif, c’est tout le temps flou". "Il a organisé cela avec une bouée de femme. Ce n’est pas un collectionneur, mais il y en avait toujours une au cas où", explique l'experte.

Selon elle, Nordahl Lelandais "est tiraillé entre la douleur de la séparation et le bonheur de connaître une relation." Qu'en est-il des relations avec les hommes ?"Il n'y a pas de pénétration, mais de la masturbation, des caresses", dit-elle. Ce sont des hommes rencontrés sur Internet, "pour la curiosité".  

À la psychologue, il parlera d’actes pédophiles à l’été 2017 en évoquant des attouchements sur ses deux petites cousines qui dormaient." C’est important le fait qu’elles dormaient : il évite le regard de l’autre. Il justifie cela en parlant d’excitation de la nouveauté. L’accusé a une appétence pour les excitations."

La présidente demande si, dans le cas d'une rupture (avec une femme, ndlr), si elle est décidée par l’autre, il peut être violent ? "Oui, c’est une blessure narcissique. Il craint de subir une contrainte et d’avoir une douleur affective. Il lui faut une bouée", répond la psychologue clinicienne qui répète ce terme de "bouée". 

Concernant l'année 2017, et plus précisément le mois d'août, l'experte dit que Nordahl Lelandais présente "un risque d’irruption de vécu angoissant". "En août 2017, il est déjà dans des modalités de défense : consommation de cocaïne… Dans la voiture, ce n’était pas Maëlys, mais Arthur Noyer. C’est un élément de dissociation", détaille-t-elle.  Nordahl Lelandais a déclaré avoir vu en "hallucination" le visage du caporal Arthur Noyer qu'il avait tué quelques mois plus tôt, l'experte estime qu'il "est dans une autre réalité à ce moment-là, tout en étant tout à fait conscient". 

Elle rapporte ce que lui a confié l'accusé au cours de leurs rendez-vous : "Dans la voiture, la scène traumatique d’Arthur Noyer revient. Le crime du caporal lui donne une construction traumatique. Selon lui, c’est dans ce contexte que les coups ont été donnés. Il dit que c’est un contexte de peur", précise la psychologue clinicienne.

"Cette dissociation est peut-être organisée par une scène traumatique. Les coups sur Maëlys viennent effacer l’angoisse dans laquelle il est plongé. Il n’y a pas de sadisme", souligne-t-elle.

"Comment voir le visage d’un homme qu’on a tué deva...
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